Alors que les médias consacrent un grand nombre d’articles à l’ancien Président de la République François Mitterrand, dont on fêtera le 10 mai les 30 ans de sa première élection, il est une date qui, j’espère, ne passera pas inaperçue dans les médias, c’est la Fête de l’Europe le 9 mai ! Je vous avais déjà parlé (ici et ici) de ce jour qui vient rappeler la Déclaration Schuman. C’est un jour qui, pour moi, en tant que citoyen mais également en temps que militant, compte beaucoup, car c’est l’occasion d’exprimer notre appartenance à un même ensemble commun et notre attachement à ce projet ambitieux qu’est la construction européenne.
Le fait que j’habite dorénavant à Montréal ne change rien mon état d’esprit. Ici aussi, on s’intéresse à l’Europe. L’Université de Montréal et l’Université McGill disposent d’un centre d’excellence sur l’Union européenne et ont dernièrement invité Jean Quatremer, le correspondant de Libération à Bruxelles et auteur du blog les Coulisses de Bruxelles (que je vous conseille vraiment de suivre si ce n’est pas déjà le cas !), que j’ai eu le plaisir de rencontrer. L’un de mes professeurs a obtenu une chaire Jean Monnet ad personam, remise par la Commission européenne pour la qualité de ses recherches sur l’Union européenne. J’ai eu à cœur de défendre mes convictions européennes lors de plusieurs de mes cours à l’Université de Montréal, et le plaisir d’en parler à mes camarades de promotion.
Mais j’ai eu beau chercher sur Internet, hormis une soirée européenne à Québec, je n’ai rien pas trouvé chose semblable à Montréal. C’est dommage, car ce ne sont pas les Européens qui manquent ici. En guise de consolation, comme je ne songe pas à courir jusqu’au Mont-Royal avec le drapeau européen autour des épaules, je me dis que la soirée Eurovision que je vais suivre avec des amis sera une autre façon de fêter l’Europe, en musique !
Peut-on pour autant dire que le cœur est à la fête ? Quand je vois des articles de journaux où s’exprime la lassitude face à une Union européenne perçue comme intrusive et éloignée, je trouve cela exagéré car je crois que les députés européens, qui ont gagné des pouvoirs avec le Traité de Lisbonne, s’expriment bien plus dans les médias et leurs directives ont des impacts importants sur notre quotidien. Le sentiment laissé dans les médias que l’Europe (et le FMI) sont tenus responsables des politiques d’austérité menées en Europe et dernièrement, la polémique sur les accords de Schengen m’agacent profondément. L’affirmation des eurosceptiques qu’il vaudrait mieux quitter l’euro m’amuserait (comme ce clip pitoyable de démagogie de Nicolas Dupont-Aignan) s’il n’y avait pas une réelle suspicion à l’égard de la monnaie unique.
Car qui prennent ces décisions, sinon les chefs d’Etats, face à une Commission européenne devenue impuissante ? C’est la solidarité de l’Union et la pertinence de ses valeurs qui sont en jeu, et que le jeu personnel et égoïste des chefs d’Etats met en péril.
Mais quand je vois les photos de citoyens rassemblés à Bruxelles , à proximité des institutions européennes, ou ailleurs en Europe, que des amis, et pas seulement des militants de la cause européenne, affichent un drapeau dans leur profil Facebook, je me dis que ce sentiment européen demeure néanmoins, même si l’espace public reste encore très national. Il ne manque plus que ce sentiment se transforme en un intérêt politique, renforcé par l’investissement des médias et l’émergence de partis politiques européens, voire de personnalités aussi courageuses que le furent François Mitterrand et Helmut Kohl lorsqu’ils décidèrent de la monnaie unique.
Ailleurs sur la toile :
- Europe Day apology and analysis, de J. Clive-Matthews.
- Il faut transformer le 9 mai en jour férié, de Fabien Cazenave.
- Journée de l’Europe 2011, sur le site du Taurillon.
- Pour le 9 mai, l’Europe bat la pavé, le métro… et les réseaux sociaux ? Du blog eToile de Toutel’Europe.